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Histoire d’un Retardataire Récidiviste Récalcitrant

Les statistiques du Collège du Sud, que nous avons pu consulter, sont formelles. Les étudiants régulièrement en retard, sont amenés à répéter plusieurs fois durant leur parcours gymnasial. Nous n’avons pu obtenir d’éclaircissement ni de la direction, ni du corps professoral, ni des étudiants concernés. Notre enquête.
 
Une source sûre quoique tarissable nous a fourni des statistiques sur lesquelles aucun autre journaleux n’avait jusqu’alors posé son regard. Selon ces statistiques, depuis l’arrivée du nouveau Recteur, sur les 30% des étudiants qui redoublent au moins une fois durant leur parcours scolaire, 97.385% sont régulièrement en retard aux cours. Cette proportion pourrait s’expliquer par le manque d’assiduité des étudiants retardataires. Nous avons voulu confirmer cette hypothèse en interrogeant diverses personnalités du collège. Monsieur Gilibert Pogin (ndlr: la déontologie journalistique nous interdit de révéler son âge), occupant une fonction capitale au Collège du Sud, n’a, par exemple, pas souhaité se prononcer sur la question. La direction, contre toute attente, n’a pas même daigné nous recevoir.
 

C’est pourquoi nous avons décidé d’interroger les premiers concernés, les étudiants. Ô surprise! Eux aussi nous ont répondu par un silence gêné…

 

 

L’ultime solution: l’enquête sur le terrain

Résolus à connaître la vérité, nous envoyons un de nos audacieux journalistes enquêter au Collège du Sud. Il remarque que tant les professeurs que les élèves paraissent exténués. L’assiduité aux cours aurait-elle un prix? Non, puisque cela s’applique surtout aux retardataires. Le nouveau système de contrôle des présences fonctionne d’ailleurs à leur désavantage, puisqu’il y a sanction au troisième retard.

 
Lorsque l’on interroge sur la nature de la sanction, le silence est à nouveau général. Pour faire toute la lumière sur cette affaire, notre envoyé a suivi pour vous un élève triretardataire, Eloi G (nom fictif).
 

Parcours d’un RRR

Sa filature commence le lundi. Rien de particulier jusqu’au vendredi. A 17 heures, le sujet de notre intérêt, à l’allure pourtant peu sportive, se rend à la salle omnisport (SOB).

 
Passé quelques minutes, notre enquêteur, à l’allure encore moins sportive, entre à son tour dans l’antre non encore mystérieux. Mais il le devient très rapidement, puisque Eloi G demeure introuvable. ´Patience et longueur de temps / Font plus que force ni que rage" nous avons attendu jusqu’à 22 heures 30, heure à laquelle Eloi G, d’autres élèves et un professeur de sport sortent.
 
Pour savoir où ils ont passé la soirée, notre journaliste s’est caché, le vendredi suivant, à l’intérieur de la SOB. Eloi G, à nouveau collé, y arrive à 17 heures 03 et pénètre dans une salle attenante aux vestiaires. A son arrivée on lui remonte bruyamment les bretelles. "Patience et longueur de temps / Font [toujours] plus que force ni que rage". A 22 heures 30, une poignée d’élèves quitte la salle mystérieuse, suivie, à 22 heures 33, d’Eloi G et du professeur de sport.
 
 
Grand amateur de McGiver, et qui plus est, ayant suivi un camp de formation, notre envoyé très spécial réussit à ouvrir la porte de la salle où les élèves ont passé la soirée. Grand est son étonnement, immense sa stupéfaction, titanesque sa stupeur, incommensurable son effroi. Au mur, un fouet. Entre eux quatre, sept vélos reliés à une gigantesque batterie.
 
Quelle est la signification de cette machiavélique machination? A quoi est destinée cette batterie? Pourquoi un seul fouet? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre ces prochains jours.  
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